Rencontre avec Alexandre MALSCH

Suite au récent lancement de fulllife, je partage mon enquête métier sur ce blog. Cet article a initialement été publié sur mon blog personnel dans le cadre d’une enquête métier. Vous pouvez découvrir mon travail sur mon portfolio professionnel. Bonne lecture !

Ça y est, il est 18 heures, le moment que j’ai tant attendu est enfin arrivé ! Je m’apprête à rencontrer Alexandre MALSCH, le fondateur de meltygroup, mais aussi ancien Directeur Marketing digital des marques QuikSilver et ROXY chez BoardRiders. Aujourd’hui, il est PDG de fulllife, une start-up qui s’apprête à habiller des millions de Gamers. Pourtant un truc me chiffonne… Je suis à moins de cinq minutes du début de mon entretien avec l’une des figures de la Frenchtech, et une chose semble me contrarier.


Il y a de cela deux jours, notre professeur d’Expression-Communication nous a annoncé que notre prochain travail porterait sur une enquête métier. Celui-ci se constituera d’une part de la préparation d’une demande de rendez-vous ainsi que de la préparation en amont de l’entretien avec un professionnel. D’autre part, ce rendez-vous donnera lieu à un compte rendu dans lequel nous devrons rédiger sous la forme d’un texte narratif ou argumentatif notre rencontre avec le professionnel. Du coup, prenant mon courage à deux mains, dans un mouvement frénétique, je tapote mon message :

Monsieur MALSCH,

je me permets de vous contacter aujourd’hui dans le cadre de mon cours d’Expression-Communication. En effet, actuellement en cursus Informatique à l’IUT de Fontainebleau, je souhaiterais, comme vous, entreprendre dans le secteur de l’informatique et des nouvelles technologies, et plus particulièrement dans le milieu du jeu-vidéo. Votre parcours que vous racontez dans votre livre “Il était une fois Melty…” m’inspire et c’est pourquoi je souhaiterais en savoir plus sur votre métier, sur votre cursus. Mon objectif est d’entreprendre, et toutes mes passions convergent vers ce but. Mes recherches et mes lectures confirment mon envie d’entreprendre, mais j’aimerais aujourd’hui m’entretenir avec un entrepreneur afin d’avoir un témoignage.

Seriez-vous disposé à m’accorder un rendez-vous de 20 minutes au cours duquel vous évoqueriez le métier que vous exercez ?

Dans l’espoir d’une réponse de votre part, je vous souhaite le meilleur pour votre entreprise Fulllife.

Sans trop y croire, j’appuie sur la touche entrée. Le soir même, mon téléphone sonne.

avec plaisir. Mercredi à 18H par exemple ?

Alexandre MALSCH vient d’accepter mon invitation.


Je sais maintenant ce qui me contrarie. Je suis à cinq minutes de mon entretien mais un problème se pose : comment démarrer l’interview? Peut-être en le remerciant pour m’avoir inspiré à entreprendre? Peut-être en lui disant que sa vision et ses créations m’ont apporté un réconfort à un moment difficile de ma vie? Ou tout simplement en le remerciant de m’accorder de son précieux temps ?

Une idée vient à moi : étant un peu stressé, j’écris sur mon brouillon des questions qui viseront à détendre l’atmosphère, mais aussi et surtout à ME détendre: Playstation ou Xbox ? Ton attraction préférée à Disneyland? Ton livre préféré? Après tout, ce n’est pas le genre de question auquel il est habitué à répondre en interview…

A peine ai-je le temps de finir d’écrire que mon écran se noirci. Puis, un visage apparait. J’y découvre Alexandre MALSCH. En arrière plan, j’aperçois des bureaux luxueux, un sapin de Noël et quelques membres de l’équipe fulllife. L’environnement y est clair, les bureaux minimalistes. Ça semble être l’endroit parfait où travailler.

Puis, mon regard se porte vers Alexandre MALSCH. A cet instant, j’ai l’impression d’être sur un plateau de BFM Business.

J’entame mon discours de présentation. Il a le regard vif, le visage sérieux.

“C’est un honneur de vous rencontrer Monsieur !”

Je veux lui dire à quel point sa carrière est inspirante. A quel point “Il était une fois melty” a changé ma perception des médias. A quel point je suis jaloux de sa carrière et que l’un de mes rêves est d’entreprendre. Mais je ne dirais rien de tout cela.

Hésitant, je lui lance ma première question:

“Xbox ou Playstation ?”

Il me répond Xbox. Cela me déconcerte : je m’attendais à ce qu’il me réponde avec un sourire en coin “PC !”. Alors je continue:

“Ton attraction et ton parc d’attractions préférés ?”

Il me répond sur un ton sérieux que son parc d’attractions favoris est DisneyWorld, et que son attraction préférée est Star Tours. J’hésite alors à lui demander s’il préfère la première version ou l’Aventure Continue, mais je me souviens que nous sommes dans le cadre de mes cours de l’IUT ! J’enchaîne avec la question suivante:

“Quel est ton livre favori ?”

Il me répond que son bouquin favoris est “Ils ont réussi leur start-up !: La success-story de Kelkoo”. Celui-ci raconte l’histoire de l’ascension fulgurante de la start-up Kelkoo dans les années 2000, et l’aventure de son cofondateur Pierre CHAPPAZ (l’un des mentors d’Alexandre) . Il me précise que le livre a été écrit par Julien CORDONIOU, vice-président de Workplace by Facebook.

Sentant que le stress est retombé, et me sentant à l’aise dans la conversation, j’entame les questions plus professionnelles.

“Qu’est-ce qui t’a donné l’envie d’entreprendre ? Quel a été le déclic ?”

L’un des points soulevés par Alexandre, que ce soit lors de notre rencontre comme dans les interviews qu’il mène, c’est l’importance du projet. L’entreprise n’est qu’un outil visant à se donner les moyens pour l’accomplissement du projet. Que ce soit les levées de fonds ou les rachats, chaque étape de l’entreprise vise à construire un produit de qualité.

fulllife est une marque de vêtement pour gamers, certes, mais pas seulement, car dans la tête de son fondateur, c’est avant tout une expérience. La clef pour comprendre son ambition est la notion de gamification.

La gamification vient du mot anglais “game”, qui signifie “jeu”. Elle désigne l’apport de mécaniques de jeux dans un domaine. Par exemple, on parle de gamification pour rendre un processus plus interactif, et donc plus engageant.

L’objectif de la compagnie est donc d’apporter au processus d’achat une nouvelle dimension, plus divertissante et surtout plus immersive. D’une part en faisant de chaque consommateur un joueur, avec son propre niveau et sa propre identité virtuelle, et d’autre part, en faisant du visiteur un membre à part entière de la communauté fulllife. Chaque navigation devient une expérience à part entière. On peut y trouver des capsules (sortes de trésors pouvant être des points bonus ou des vêtements exclusifs), mais aussi faire des quêtes, battre des boss… Parce que l’objectif premier de fulllife n’est pas de vendre des produits, mais d’y raconter une histoire.

Cette envie de raconter des histoires, Alexandre l’a depuis toujours. Car derrière ses premiers sites (comme Actuados, l’ancêtre de melty) comme dans les rouages du groupe melty, l’idée est avant tout de raconter une histoire, de construire une galaxie sur laquelle le visiteur est un “Guest”, qui va pouvoir s’immerger dans un univers à la fois positif et personnalisé. Sur melty, comme sur fulllife, vous êtes le protagoniste d’une histoire unique. Pour mieux comprendre ces notions, il faut s’intéresser à Disneyland. Pour Alexandre, il existe des dizaines de parcs à sensations fortes qui procurent des sensations plus intenses que les parcs Disney.

Mais c’est le fait de se retrouver dans un univers palpable, garni de personnages uniques qui font de Disneyland un endroit pas comme les autres. C’est une expérience premium, douée de sens et dans laquelle on se sent investi grâce aux personnages qui façonnent l’imaginaire collectif.

Alexandre a bien compris l’importance que revêt les personnages, c’est pourquoi il a créé un folklore, un univers fulllife. Avec des personnages à part entière, des avatars et des design qui viennent enrichir les propriétés intellectuelles de l’entreprise. Son objectif est clair: créer avec fulllife quelque chose de nouveau, quelque chose qui paraît si évident et, pourtant, qui n’existe pas encore. A entendre Alexandre, je sentais qu’au delà de la passion qu’il éprouve pour le projet, il croyait plus que tout à la réussite de son projet.

“Briser la barrière entre réel et virtuel”, tel est le slogan que l’on peut trouver sur la page de l’entreprise aujourd’hui. Pourtant, ce slogan n’est pas qu’une simple trouvaille commerciale. L’entreprise veut avoir un impact sur le monde. A la fois social en créant des produits fédérateurs et utilisant le jeux vidéo comme vecteur sociaux-culturel certes, mais aussi écologique en créant une marque de vêtement éco-friendly. Des tissus utilisés aux entrepôts de la marque, l’ensemble du processus de la marque se veut éco-responsable et solidaire.

Ces missions se retrouvent également dans les statuts de l’entreprise, puisque les fondateurs y ont apposé des garde-fous permettant à l’entreprise de se concentrer sur ses valeurs: authenticité, expérience, élévation et efficacité. Si Alexandre avait un seul objectif avec fulllife, ça ne serait pas de révolutionner le marché du prêt à porter ou de réinventer la mode, mais bien de permettre aux joueurs de jeux-vidéo d’exprimer fièrement leur appartenance à la communauté des Gamers. Les joueurs de jeux vidéo étaient peut-être mal vus il y a quelques années. Ils étaient le cliché du geek, incompris par nature. Mais fulllife veut changer cette tendance, plus que jamais, en créant des produits qui viendront ringardiser les vieux t-shirt “Je suis un geek” dans la garde-robe des passionnés du jeu-vidéo.

Cette vision du monde, Alexandre veut l’appliquer dans son entreprise. Et pour cela, il s’inspire une fois encore de la compagnie aux grandes oreilles. C’est en suivant les pratiques et les conseils du Disney Institute (sorte d’école de Management et de Leadership de la firme) qu’Alexandre veut parfaire sa vision de l’entreprise. Il m’expliquait qu’introduire ces notions dans une grande entreprise est aujourd’hui lourd et difficile au vu de son inertie. Mais une start-up, une entreprise dans laquelle tout est à construire, peut être perfectionnée dans ses valeurs.

La culture d’entreprise est un élément important aux yeux d’Alexandre. C’était l’une des particularités de melty d’avoir une culture qui faisait d’elle une entreprise si forte et si unie face à l’adversité. Mais la culture d’entreprise de fulllife se veut désormais plus inclusive, plus engagée. Cela passe par donner plus de responsabilité aux membres de son équipe. Alexandre a lui aussi changé. Plus mature qu’à l’époque melty, plus conscient de son impact sur le moral des salariés. Il m’explique en effet qu’il a gagné en compétences relationnelles (dits Soft-skills dans le monde de l’entreprise), et qu’il est moins maladroit dans ses relations. Il m’explique également qu’un sourire en début de journée peut tout changer pour les membres de son équipe.

L’une des grandes passions d’Alexandre, lorsqu’il n’est plus @netmad l’entrepreneur, c’est le surf. Prendre de belles vagues sous le soleil de Biarritz, partager sa passion avec ses amis surfeurs et se défouler sont à son sens un élément indispensable à son bien-être. Le plaisir du surf vient avant tout du fait que c’est un sport individuel : le surfeur est face à lui-même, seul face à la vague. Le côté collectif vient de ses partenaires surfeurs : on commente les exploits des autres, on se conseille pour devenir meilleur. C’est à ces moments qu’Alexandre s’évade, qu’il se déconnecte du web. Chaque vague est un challenge, un challenge exutoire. Et chaque session de surf lui procure un moment d’évasion: il n’est plus PDG, plus fondateur ni créateur. Il est juste surfeur.

Le surf, c’est aussi ce qui a amené Alexandre à travailler chez BoardRider, le groupe qui détient les marques QuikSilver et ROXY, deux marques iconiques dans le monde du sport nautique. Cette expérience l’a rendu plus humble, l’a fait grandir. Car au-delà du fait d’avoir travaillé pour une marque qui l’inspire, c’est le fait de travailler dans une grande entreprise au “process” bien établi qui ont poussé Alexandre à devenir meilleur manageur. Meilleur meneur d’homme.

Mais il n’y a pas que l’univers du vêtement qui revient dans fulllife, il y a aussi des têtes connues avec qui Alexandre a partagé les aventures melty et BoardRider. Ces personnes sont pour lui le socle qui permet à fulllife de grandir pour le meilleur. Il croit au talent de ses équipes et à la diversité des profils.

Car l’une des grandes erreurs de melty à ses débuts, c’était la prétention qu’un ingénieur peut s’improviser rédacteur, graphiste ou commercial. C’était cette arrogance qui a poussé l’équipe à créer absolument tous ses outils. Chaque ligne de code, chaque pixel était made in melty. Mais cela avait un coût, aussi bien financier qu’humain. Pour Alexandre, il s’agissait à la fois d’une erreur, mais aussi d’un passage obligé dans la réalisation de son projet. Par exemple, certaines des technologies construites par melty telle que shape (son algorithme permettant de prédire quelles seront les futures tendances sur le web) n’avaient aucune alternative crédible à l’époque (Google Analitycs, qui possède aujourd’hui des fonctionnalités similaires à celles de shape, est apparu plus tard).

Il n’y a pas que les technologies qui ont évolué, il y a aussi l’écosystème qui n’est pas le même. Il n’a jamais été plus simple qu’aujourd’hui de créer son entreprise. Des structures comme les incubateurs, les start-up studios facilitent l’entrepreneuriat. Mais paradoxalement, il n’a jamais été aussi compliqué de se faire une place dans cet environnement.

A un moment de la conversation, des questions de passionné d’informatique surgissent. Je demande alors à Alexandre:

“ Quelle est la stack de fulllife ? “

La stack représente dans le monde de l’entreprise l’ensemble des technologies qui sont utilisées pour accomplir sa mission. C’est une sorte de socle technologique, en d’autres mots les langages informatiques et outils utilisés par les équipes.

Je sens mon interlocuteur amusé par la question. Mais il me répond, avec le même sérieux qui le caractérise. Du côté graphismes, l’équipe utilise les moteurs de rendus de Pixar (Renderman) pour concrétiser sa charte graphique et donner vie aux avatars et aux univers qu’ils mettent en scène. Côté management et gestion, on trouve des outils communs comme par exemple Workplace by FacebookZendesk (qui est selon Alexandre très performant) et mailchimp pour la gestion des e-mails automatiques (newsletters). On trouve côté planning Monday.com. En somme, Alexandre a souhaité ne pas réitérer les erreurs de melty en s’appuyant sur des technologies préexistantes. Côté site web, les pages de présentation sont créées par l’agence marketing e-Makina. Le site web fulllife, lui, est construit avec Magento 2 (un CMS e-Commerce) en version cloud, propulsé par une plateforme maison appelée fulllife Engine qui permet la partie gamification.

Nous sommes à une petite dizaine de minutes de la fin de notre enquête métier.

“Quand tu entrevois le futur de fulllife, imagines-tu des fulllife stores ? Personnellement, j’imagine déjà des boutiques physiques dans lesquelles on pourrait entrer dans une nouvelle dimension !”

Alexandre répond par la négative, pour lui, fulllife est un concept dématérialisé: c’est une expérience vouée à rester virtuelle dans un premier temps. Il m’explique néanmoins avoir pour objectif de participer à des conventions de jeux vidéo avec un stand fulllife.

Pour @netmad, s’il devait y avoir un jour une expérience réelle, elle ne tournerait pas autour d’une boutique. Mais ce serait plutôt une maison, avec sa cuisine, son salon, sa salle e-sport… Ce serait avant tout un lieu convivial dans lequel on pourrait se rendre avec ses amis, jouer à la dernière Playstation et vivre des moments de partage.

A la fin de notre entretien, une dernière question me démange. Il accepte d’y répondre malgré le rendez-vous qui doit suivre !

“Mon rêve est d’entreprendre, quels conseils peux tu me donner ?”

Si il devait y avoir un conseil aux entrepreneurs en herbes, ça serait de partager son aventure entrepreneuriale avec des gens différents, de tous horizons. Ce côté hétéroclite permet d’avoir une complémentarité dans l’équipe et donc de favoriser le futur de l’entreprise. Il m’explique qu’à Station F ( le plus grand incubateur de start-up au monde basé à Paris fondé par Xavier Niel), son travail de jury l’amène à choisir les start-ups qui seront incubées. Et son avis se forge avant tout sur la diversité et la complémentarité de l’équipe, car si le projet est amené à évoluer, à se réinventer (pivoter), il faut que l’équipe ne soit pas composée que d’ingénieurs, ou que de commerciaux. Ce côté hétéroclite est important aux yeux d’Alexandre car la valeur de l’entreprise est avant tout bâtie sur les gens qui la composent.

Alexandre a été membre du conseil national du numérique. Il est jury à Station F. Il a cofondé le média qui a réinventer notre manière de consommer l’information: melty. Il a travaillé à l’implantation de la French Tech à l’international et en Chine. Il a été chef de projet digital chez BoardRider. Il est le fondateur de fulllife. Et aujourd’hui, il vient de me raconter son odyssée.

A certains moments de l’entretien, j’ai exprimé mon admiration pour son travail. Mais à chaque fois, j’avais l’impression que mes compliments et mes félicitations le rendaient mal à l’aise, c’est pourquoi je n’ai pas osé en ajouter d’avantage.

C’est la raison pour laquelle je vais profiter de ce travail pour remercier Alexandre. D’abord pour avoir accepté une interview. Mais aussi pour le remercier de m’avoir transmis toute sa passion. Pour le remercier de m’avoir inspiré à construire des choses meilleures. Et surtout, pour m’avoir donné l’envie de créer.

Cette rencontre a été pour moi l’occasion de mieux me projeter dans mon avenir. Et d’entrevoir une carrière d’entrepreneur. Car mon objectif est d’entreprendre dans la technologie appliquée au divertissement et peut-être d’inventer un marché comme l’a fait Alexandre. J’ai envie d’être le point de convergence entre la créativité et la technologie.

Je veux pouvoir créer et construire des choses qui vont faire rêver ceux qui les touchent, toujours dans cette volonté de raconter des histoires.

Car si je devais retenir une chose de cette enquête métier, c’est que les métiers qui feront demain n’existent pas encore. Que tout est à inventer.


L’écran se coupe, il devient noir. Puis mon visage réapparaît en plein écran. Je me rends compte que j’ai des étoiles plein les yeux. Puis, après un moment de récupération, je me décide à écrire ce qui vient de m’arriver.

De son côté, Alexandre retourne combattre des Boss et trouver de nouveaux alliés pour partir à l’aventure. Virtuelle ou réelle ? Seul lui le sait.

melty VS webedia : qui sera le futur Disney des millenials ? — RETROSPECTIVE

Cet article a initialement été publié sur mon blog personnel dans le cadre d’une enquête métier. Vous pouvez découvrir mon travail sur mon portfolio professionnel. Bonne lecture !


Nous sommes en 2007, à Paris, lorsque deux entrepreneurs Français, Cédric Siré et Guillaume Multrier, décident de créer des start-up dédiées aux médias en lignes et à la communication.

La première, nommée Youmag, se présente comme un “moteur de news”. Il s’agit alors d’un agrégateur d’articles d’actualité et futur concurrent de Flipboard et Google News.

La seconde start up, intitulée Webedia, est une compagnie dédiée à la création, à la gestion et commercialisation d’espaces pour des sites internet dédiées à des verticales d’info divertissement, c’est à dire des sites d’actualités voués à divertir leur lecteur. Ses premiers sites sont puretrend, purepeople et purefans.

Pourtant, non loin de là, dans la banlieue parisienne, au Kremlin-Bicêtre, un jeune entrepreneur du nom de Alexandre Malsch, exécute son idée de créer un média d’info divertissement nommé melty, une évolution remaniée de son ancien site Actuados.fr. Au travers de sa société eeple, il travaille sur de multiples projets, dont un site de rencontre, une plateforme de réseautage social et un site d’actualité pour jeune nommé melty. Il faut dire que les médias d’info divertissement ne sont pas encore légions à l’époque, ou du moins, sur l’internet Français.

Aux États-Unis, les sites tels que Vice ou Buzzfeed commencent à voir grossir leur audience. The Walt Disney Company investira d’ailleurs dans l’entreprise Vice Media à coup de millions. Personne ne pouvait alors deviner que Webedia et melty allaient se livrer pendant une décennie une bataille pour la conquête de l’attention virtuelle des Français. Alors, laissez-moi vous raconter l’odyssée de ces deux entreprises. Spoiler : à la fin, il n’en restera qu’une. Voici une odyssée interactive.

2007 à 2012 : A la recherche de l’équilibre

C’est après le succès d’audience de melty.fr que l’équipe d’eeple dirigée par Alexandre Malsch décide de se séparer de son rêve de concurrencer les réseaux sociaux et les plateformes de blog. En effet, Board, leur site qui mélange réseau social et plateforme de blog, n’a pas le succès escompté.

L’Énergie de la jeune compagnie se dirigera donc vers melty, son produit phare, et la création d’un CMS MVC fait maison. Pour cela, la start up recrute sa première salariée, Pascale Erblon, qui aura pour mission de construire la ligne éditoriale de melty. La ligne directrice de l’entreprise est claire : faire du clic, par tous les moyens possibles, histoire d’exister dans les référencements organiques de Google. La tâche est complexe, sachant qu’à l’époque, les rédacteurs doivent écrire directement leurs articles en html car les outils de rédactions ne sont pas encore développés.

Le site à soif de contenu, et demande un investissement considérable en articles d’actualités. Car les jeunes, qui sont la cible du site, demandent encore et encore de nouveaux snack contents à dévorer sur leur séries favoris ou sur la dernière télé réalité à la mode. Pour ce faire, l’entreprise emploiera une armée de stagiaires dédiée à la rédaction de contenus. En face, chez Webedia, l’idée est la même. Créer une galaxie de sites internet alimentée par le contenu de stagiaires et des free-lance. Faire cliquer le lecteur, l’attirer via un titre racoleur et lui faire cracher son temps de cerveau disponible.

Parce que melty et Webedia ne sont pas dupes : pour se développer, ils nécessitent une, voire plusieurs levées de fonds. Mais ces levées de fond ne seront accessibles que grâce à la croissance de leurs chiffres d’affaire. Donc par une croissance du nombre d’affichage de publicités.

A cette époque, Webedia a déjà plus de moyens que melty. En effet, l’un des cofondateurs de l’entreprise, Guillaume Multrier, a fait connu un succes avec son entreprise Bananalotto.fr. Webedia passera donc par la case croissance externe, en rachetant des sites. Ozap sera racheté à M6 web et rebrandé Puremedias, et Shopoon sera racheté à la redoute pour et rebrandé PureShopping.

On aura également le lancement des sites PureCine et Purecharts chez Webedia. L’idée est claire, créer une galaxie de site Pure avec un site par thématique. Puis faire grossir son audience et vendre des espaces publicitaires.

C’est une stratégie similaire à ce que fait melty. Melty, qui constate le succès de webedia dans la diversification de ses thématiques, créé meltyFashion, meltyBuzz, et MeltyStyle. Respectivement dédiées aux audiences féminines, aux buzz et aux audiences masculines.

A ces sites d’ajouteront de nouveaux sites meltyDiscovery, meltyFood et meltyXtrem au fil des années. Melty a néanmoins un argument stratégique à vendre à ses investisseurs: Shape. Il s’agit d’une suite d’algorithme capable de prédire les sujets tendances pour adapter sa ligne éditoriale.

On retrouve dans cette stratégie de diversification l’envie de porter une marque commune, à savoir melty et Pure, au travers de plusieurs verticales concises et dédiées à des audiences très segmentées et donc plus valorisées aux yeux des annonceurs. Mais l’année 2013 va tout changer pour Webedia.

2013 à 2015 : levées de fonds et stratégies opposées

Webedia est rachetée par la société Fimalac, la firme de Marc de Lacharrière.

L’énarque et milliardaire voit grand dans ce rachat, puisqu’il veut en faire l’un des champions européens de l’internet. Et Cédric Siré, voit lui aussi les choses en grand. Il ne voit plus Webedia comme une galaxie de site, mais comme un écosystème à part entière. Et pour ce faire, les moyens ne manque pas. Puisque Fimalac, à coups d’investissements, va propulser Webedia à la tête des éditeurs de sites web. Webedia, avec les fonds de Fimalac, rachètera en masse de nombreux sites internets dans toutes l’europe. En France, on notera le rachat du groupe Allociné et de ses succursales dans toutes l’europe: Sensacine en Espagne, FilmStarts en Allemagne, AdoroCinema au Brésil, Beyazperde en Turquie et Allociné en France.

On assistera aussi au rachat de Terrafemina, site d’actualité destiné aux femmes et concurrent du groupe AuFeminin.com qui appartient aujourd’hui au groupe TF1 via sa division Unify. Sa verticale cuisine et gastronomie s’enrichie via le rachat de 750g.com et de l’académie du goût, ainsi que de multiples maisons d’éditions dédiées à la cuisine. Webedia investit dans le tourisme en s’adossant au géant EasyVoyage, et en s’offrant l’officiel des vacances et le bon guide. L’un des rachats qui a fait le plus de bruit : l’odyssée interactive et son site jeuxvidéo.com racheté à Hi-Media. Dans le milieu du jeu vidéo également, la structure millenium sera racheté par Webedia pour le développement de son pôle e-sport. C’est également dans ce cadre de Webedia fera une succession d’acquisitions dans l’esport. À savoir Oxent, qui possède entre autres le site d’organisation de tournois Toornament.com et la compétition ESWC, mais aussi la structure de gestion de talents Bang Bang Management.

Dans sa lancé, Webedia annoncera le lancement de la version francaise d’IGN en partinariat avec Ziff Davis. Ainsi qu’un autre partenariat avec le PSG pour l’annonce de sa structure eSport. Mais webedia ne va pas des contenter d’investir dans l’édition de sites web thématiques. Il se lance également dans l’ecommerce avec ses marque WeAreFan, 31 m², Run Baby Run, Cézigue et in investissement en tant qu’actionnaire majoritaire dans Pour De Bon, qui s’ajoutent à PureShopping dans la panoplie webedia.

En 2014, c’est l’acquisition de MIXICOM, entreprise de production qui détient jeux actu et surtout des contrats de monétisation de célèbres youtuber via talentweb, qui va faire grand bruit. Depuis cette date, webedia abandonnera le label Mixicom pour celui de Talentweb, avec le quel il va unifier ses autres agences de gestion de talents telles que 3BlackDots, Allyance Network en Allemagne, Paramaker au brésil, Vizzen Espagne. Enfin, Webedia est le propriétaire de Diwanee, le webedia d’arabie saoudite, et Uturn, son talentweb local.. A noter que cette liste des rachats n’est pas complète car je souhaite vous montrer ici la portée de webedia à grande échelle. Melty, de son côté, fait une levée de fonds de 10,5 millions d’euros.

Un pari ambitieux, mais incomparable à la force de frappe du mastodonte Webedia désormais appelé Licorne, c’est à dire valorisé un milliard de dollars. Renommée successivement MeltyNetwork, puis meltygroup, la start up grandit jusqu’à son point culminant : exporter son modèle à l’internationale. Dans ses locaux du kremlin Bicêtre et à l’aide de partenariat avec des entreprises locales, Melty lance ses sites dans des pays tels que l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Mexique, la Pologne, la Roumanie, le Maroc, la Tchéquie, la Turquie, le Brésil, le Canada anglophone et le Québec. Alexandre Malsch voit grand. Ses équipe aussi.

Son rêve est désormais de concurrencer Disney en lançant par exemple une chaîne sur la TV d’orange, amplifie sa présence sur les réseaux sociaux. L’entreprise fonde également diverses structures affiliées telles que melty eSport Club, sa team esport. Melty travaille également à lancer son propre réseau de talents sur le web avec la Melty Talent house en partenariat avec kisskissbankbank. Au niveau technologique, l’algorithme Shape perd de la vitesse contre les technologies de Webedia: les rachats d’autres start-ups dédiées à l’optimisation du contenu comme myposeo, Nuke Suite, Semantiweb écrasent peu à peu les ambitions de melty. Uptilab est absorbée par tradelab, et la régie publicitaire de melty ne peut rivaliser face aux ambitions démesurées de webedia.

2016 : Il n’en restera qu’un

Webedia continue son objectif d’expansion via des rachats externes pour dominer ses verticales. Le tout en contrôlant la quasi-totalité de la chaîne de production pour le web.

Conscient de son impact dans le milieu de l’audiovisuel, Webedia s’est offert Elephant, une société de production audiovisuelle, Creators Studios, un studio de production, et a fusionné ses actif Allociné et BoxOffice récemment rachetés pour fonder The BoxOffice Company, le concurrent direct de IMDB qui appartient à Amazon. Webedia s’est offert Full Fanthom Five, société d’auteurs aidant à la production. Concernent son écosystème web, webedia s’est racheté Weblogs, éditeurs des sites Xataka (actualité hightech), Directo al Paladar (cuisine) ou Trendencias (mode et beauté), qui vient compléter son portefeuille espagnol qui comportait déjà 3DJuegos et IGN Espagne. L’entreprise s’est également lancée dans le jeu mobile et publicitaire avec Scimob et Adictiz Webedia a également racheté Seelk, une agence spécialiste du retail media.

Mais le rachat qui a le plus de sens est celui de Quill. Qui est une entreprise qui commercialise des algorithmes de génération d’articles et de contenus orienté e-Commerce. Ce dernier rachat prend tout son sens si l’on se dit que Webedia voudra à terme générer une grosse majorité des contenus à faibles valeur ajouté par des algorithmes. On peut donc s’attendre à voir des articles d’actualité écrits par des robots.

Rien n’est moins sûr. De son côté, l’aventure melty vire au cauchemar : la société ferme un à un ses sites internationaux. Son club esport et son initiative talent house s’effacent également de ses objectifs. Melty ferme tour à tour ses sites Français. Il ne reste que le site melty ainsi que meltyfashion, rebrandé Shoko. Malgré sa présence sur Snapchat discover, melty peine à séduire de nouveaux investisseurs.

En 2017, Alexandre Malsch quitte le navire melty. Et la compagnie restera instable jusqu’en 2019, la société ayant changé trois fois de PDG en moins de 2 ans. Aujourd’hui, melty reprendre du poil de la bête en relançant ses verticales buzz, discovery et Food. Le lancement de meltyStore va également dans ce sens avec un premier pas léger dans l’eCommerce. Melty a pris en régie certains de ses partenaires tels que A4 social qui est derrière le site Buzzly et greenpills. Ainsi que de nombreux autres pureplayers.

Enfin, melty partage ses contenus avec Phenix Groupe pour les diffuser dans des écrans publicitaires citadins. Après un redesign de son site, melty travaille maintenant à pérenniser son activité, tandis que webedia s’assure un avenir aux côtés de Fimalac.

Le site vient de se refaire une beauté

melty vient d’ailleurs d’être rebrandé pour la deuxième fois en moins de deux ans. Le navire semble couler. Seul un visionnaire pourrait lui faire côtoyer des sommets. Et si ce visionnaire était son fondateur ?


Avec du recul, je pense que l’ambition de Netmad était incroyable, et son projet doué de sens. melty a néanmoins changé la face des médias en France, a redéfinie les lignes éditoriales du monde médiatique français.

Je pense que l’histoire de melty est incroyable. Cette vision et cette ambition se retrouve d’ailleurs dans le nouveau projet d’Alexandre Malsch: Fulllife.

A l’heure où selon Netmad, les marques sont condamnées à devenir des médias, peut-être que Fulllife sera le nouveau Disney des millenials…

En 2046, Disney, je l’aurais assurément racheté !

Aujourd’hui, je vous présente le travail que j’ai réalisé dans le cadre d’un contrôle d’Expression-Communication.

Il s’agissait d’un exercice dans lequel nous devions mettre à l’épreuve notre savoir sur l’Historique de la Communication Verbale. Nous devions traiter de l’article “Pixar, Marvel, bientôt Disney+… Disney, un empire tout-puissant et sans limites ?” rédigé par Laurent Rigoulet.

Je vous souhaite une excellente lecture !


L’idée commune exprimée au travers des expressions “usines à divertissement”, “industrie du divertissement”, “industrie du spectacle” est celle de la communication de masse.

Apparue dans les années 1920, l’expression “mass média” décrit le phénomène d’industrialisation des médias populaire: l’offre précède la demande. Dans le cadre des loisirs, les objets de consommations son fabriqués en série. Ils voient en conséquence leur prix baisser.

De ce fait, on assiste à une déferlante de produits calibrés, aseptisés conçus pour plaire au grand public. On retrouve cette volonté d’abondance dans le terme “usine à divertissement”. L’œuvre devient produit, et le titre devient une marque: les rachats des différents labels par The Walt Disney Company vont dans ce sens.

On note également la vision globale, la vision d’ensemble de la société qui bâtit ses marques dans différents produits: les parcs à thèmes, les films, les séries et produits dérivés font de ses personnages des incontournables de la culture populaire et donc de l’imaginaire collectif. Ce processus a pour ambition de s’adresser au plus grand nombre, car comme le disait Karl Marx “les loisirs remplacent la religion comme ‘opium du peuple’”. Cet opium est la vocation de Disney.

La liberté d’expression est également menacée: la censure effectuée par la multinationale sur ses propres programmes même si “aucune autorité ne lui en fait la demande” démontre la volonté de ne “heurter personne” qui aseptise ses productions. Dans la théorie de l’Agenda, Mr Combs et Dr Shaw explicitent que les médias ne disent pas aux gens ce qu’ils doivent penser, mais à quoi ils doivent penser. Disney focalise donc l’attention du spectateur sur un monde plus “divertissant” que le notre.

Dès lors qu’on limite ses propos, un œuvre perd de sa matière, de son sens, mais également son message. Le contrôle des productions Disney va dans ce sens.

De plus, selon Brett Heinz, “une société comme Disney a le pouvoir […] d’influencer la politique et le gouvernement” comme le montre le ‘décret Mickey Mouse’ avec lequel ils ont obtenu une extension de vingt ans des droits d’auteurs (p. 3 haut col. 2).

On peut donc en conclure que la liberté d’expression est menacée par le monopole de Disney.


Tout d’abord, l’internaute voit Hollywood comme une “zone de guerre” (p. 23, bas col1), car c’est à Hollywood que se fabriquent aujourd’hui les blockbuster qui font des milliards de recettes. Mais cette industrie Hollywoodienne s’applique également a présenter une certaine vision du monde: le rêve Américain en fait partie (Walt Disney lui même étant une figure du cette vision).

Puis, l’internaute évoque les “fermes Disney” qui élèvent une nouvelle génération. Ces fermes à contenus qui délivrent sans cesse de nouveaux produits dédiés au divertissement de masse. Et cette nouvelle génération condamnée à consommer, vivre et penser Disney.

Cette industrie est aujourd’hui partagée par de grands conglomérats tels que ComCast (qui voulait également racheter la 21st Century Fox) et Disney. Et tous convoitent cet influence.

Mais plus encore, selon Bored Panda, “Disney [rachètera] les Etats Unis D’Amérique, et [créera] les Etats Unis de Disney…”. Ces mots sont plein de sens: ils reflètent la capacité financière et politique de Disney. Sa large influence sur les Etats Unis et sur le monde est l’image de son appétit vorace capable de racheter à prix d’or des franchises lucratives. Car ce sont ses licences qui font prospérer son influence.

Finalement Bored Panda présente ici une vision pessimiste de notre futur. Un futur dans lequel Disney serait omniscient, car il irait au delà du divertissement pour contrôler notre mode de vie et notre manière de penser.

On peut donc dire que cet internaute envisage un avenir dystopique.


Je ne suis pas d’accord avec Bored Panda sur sa vision de “l’empire Disney”.

Le divertissement est pluriel

Tout d’abord, je crois que de nombreuses compagnies du divertissement feront encore et toujours subsister la pluralité des points de vus sur le monde. Quelque soit leur taille, il existe une pléiade de compagnie qui dédient leur existence à l’art: leurs œuvres sont engagées et donc engageantes et ne sont pas penser pour plaire à tout le monde. De nombreux studios d’animations viennent contredire et géants Disney et Pixar, comme de nombreux cinéastes se consacrent à des films uniques et qui changent notre manière d’entrevoir le cinéma.

D’autres ont essayé

Ensuite, je pense que Disney n’est qu’une infime partie de ce vaste univers qu’est le divertissement. De nombreuses compagnies du divertissement de masse telles que EuropaCorp -conglomérat créé par Luc Besson suite à ses succès en salles- ont également compris la recette pour mettre au monde des blockbusters. Mais contrairement à Disney, EuropaCorp n’a pas accompli le rêve de son créateur qui était de construire un géant du cinéma. Aujourd’hui, le colosse de Luc Besson chute a perdu de sa grandeur. Est-ce là peut-être un avant goût de ce qui attend The Walt Disney Company.

Mais qui détrônera Disney ?

Enfin, Bored Panda contredit mon objectif, car mon rêve est d’aller concurrencer Disney. On ne compte plus le nombre d’articles qui présentent une jeune start-up qui veut à elle seule concurrencer l’ogre Disney. Ankama, Rovio, Melty, Webedia… Ces noms ne vous disent surement rien. Ces quelques entreprises ont tenté ou tentent actuellement, de plusieurs manière, de se confronter à Disney. Sans succès. Pour moi, ces entreprises sont l’image même du succès de Disney. Se réinventer, repenser sa stratégie et développer ses franchises sont un point important certes. Mais très peu des ‘nouveaux Disney’ ont su faire la différence. Quand Georges Lucas a revendu ses entreprises à Disney, il a également revendu son rêve de faire face à Hollywood et à son monopole dément.

Ces échecs me confortent dans l’idée que cette recette n’est pas une formule viable, du moins sur le long terme. Car à son échelle, Disney à soif de nouvelles marques déposées. Mais les consommateurs ne seront pas dupés longtemps face à la nouveauté des autres usines à contenu.

Disney est doué d’un trésor de Guerre, certes, mais son inertie le perdra.

Je ne suis pas d’accord avec Bored Panda. Car en 2046, Disney, je l’aurais assurément racheté !


Sources pour mon argumentaire:

PVR #30 : LUC BESSON — HÉROS OU ESCROC ?, La chaîne de P.A.U.L, aout 2017 https://www.youtube.com/watch?v=b1WzUs0mdTk

“Star wars”: Comment Georges Lucas a cassé son jouet (et le notre) de ROMAIN BRETHES sur LePoint.fr, 2019 https://www.lepoint.fr/pop-culture/comment-george-lucas-a-casse-son-jouet-et-le-notre-26-12-2019-2354813_2920.php

Rovio sera-t-il le futur Disney ? , 2014 https://www.presse-citron.net/rovio-sera-t-il-le-futur-disney/

Ces Français qui font peur à Disney par Romain Brethes, LePoint.fr https://www.lepoint.fr/culture/ces-francais-qui-font-peur-a-disney-03-04-2011-1314663_3.php

“Il était une fois Melty” de William Réjault, 2017 aux édition Michel Lafont

Qwant, l’aventurier intrépide

Article initialement publié le 21 aout 2019 sur mon médium.

L’autre jour, j’ai eu l’occasion de me rendre chez Qwant lors d’un user test organisé par l’entreprise. Etant passionné par les moteurs de recherches et l’industrie du net en général, c’est avec le sourire que je me suis rendu dans les locaux de Qwant rue Spontini .

Vous remarquerez l’absence de cookies dans leur cuisine

Il faut dire que l’arrivée de Qwant n’est pas passée inaperçue dans le petit milieu du web français. Entre les tacles gratuits de la presse et les articles grandiloquents type “le Google français”, le moteur suscite l’amour comme la haine.

Je ne suis surement personne pour critiquer Qwant, que ce soit pour pointer du doigt l’absence d’index, ou bien me moquer de son design. En revanche, bien des choses m’ont frappées.

La première est le professionnalisme, la bienveillance avec laquelle j’ai été accueillie : les mecs m’offrent un café, me laissent discuter -longtemps- avec des ingénieurs et techniciens ! C’était génial ! D’autant plus qu’ils écoutaient toutes mes critiques avec attention et je sentais que quelque part, à mon échelle, j’étais en train d’apporter ma pierre à l’édifice.

Le second point que j’ai relevé était leur humilité. C’est bête à dire, mais les gars sont conscients des lacunes de leur moteur. Que ce soit le design, les résultats ou bien leur rapport au produit, ils prennent vraiment le recul nécessaire par rapport au site. Ils apprennent de leurs erreurs. C’est une qualité qui manque à mon sens à beaucoup de boites.

Enfin, les équipes sont vraiment à fond dans l’atmosphère Qwant. Le produit semble vraiment fédérer les troupes. Et toutes les personnes avec qui j’ai pu converser croyaient vraiment aux valeurs de l’entreprise. Combien de compagnies internet peuvent-elles en dire autant ?

Je dois dire que je suis admiratif du chemin parcouru par le petit moteur français. Mais si j’ai appris un truc lors de cette visite, c’est que même si le produit n’est pas parfait, et qu’il reste du chemin à parcourir, c’est que je pense que les équipes de Qwant sont à la hauteur du défi.

Beaucoup de monde dans la presse semble se contenter du bad buzz pour évoquer Qwant sans jamais prendre en compte le facteur humain. Quand je vois les prouesses techniques de QISSQWI ou les idées géniales Qwant JuniorQwant Maps ou Q Music je me dis que les gens comme moi qui attendent une alternative à Google n’ont pas à avoir peur.

Mais quand je vois les gens qui y travaillent, je me dis que Qwant a un bel avenir devant lui.